Réponse à une question publiée dans le net-journal :
Le souffle
va et vient.
Il est une fonction naturelle du corps, et une expression de la vie.
L'inspiration est un phénomène actif, nécessitant une mobilisation d'énergie. Elle est un équivalent d'action.
L'expiration est un phénomène passif. Elle est un équivalent de la non-action.
Le moi, dans ses tendances au contrôle, perturbe la fluidité naturelle de ce mouvement.
En écoutant le souffle, vous reconnaissez les résistances à la fluidité.
Dès qu'une résistance est reconnue, sentie, elle cède, tout du moins partiellement.
Lorsque l'écoute est prolongée, le souffle habité, ce va et vient devient aussi fluide que le mouvement des vagues sur une mer calme.
Vous vous découvrez alors comme étant ni l'inspir, ni l'expir, mais le connaisseur des deux, le regard qui les contient.
C'est pour cela
que l'intervalle entre la fin de l'expiration et le début de l'inspiration est
une fenêtre ouverte sur la réalité ultime. Cet intervalle est libre de
pensée, de tension et d'intention. Il est un reflet et un prolongement de la
nature pleine et silencieuse de l'être.